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title: "Faille critique dans Microsoft Entra ID (Azure AD) : CVE-2025-55241 permettait l’usurpation d’identité globale"
description: "faille critique CVE-2025-55241 dans Microsoft Entra ID (Azure AD), notée 10/10 CVSS, qui permettait d’usurper l’identité d’administrateurs globaux et de compromettre des tenants entiers"
url: "https://eclaircms.ludicweb.fr/blog/faille-critique-dans-microsoft-entra-id-azure-ad-cve-2025-55241-permettait"
lang: "fr"
author: "Christophe Marcellin"
published: "2025-10-02"
updated: "2026-11-04"
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# Faille critique dans Microsoft Entra ID (Azure AD) : CVE-2025-55241 permettait l’usurpation d’identité globale

Une **vulnérabilité critique** identifiée sous le code **CVE-2025-55241** vient d’être révélée dans **Microsoft Entra ID** (anciennement Azure Active Directory). Avec un score CVSS maximal de **10.0**, cette faille représentait un risque sans précédent, permettant à un attaquant d’usurper l’identité de **n’importe quel utilisateur**, y compris les **administrateurs globaux**, dans n’importe quel tenant.

## Un risque d’attaque mondiale sur Entra ID

D’après le chercheur en cybersécurité **Dirk-jan Mollema**, qui a découvert la faille, celle-ci aurait permis de compromettre potentiellement **tous les tenants Entra ID à travers le monde**, à l’exception probable des environnements nationaux spécifiques. Signalée le 14 juillet 2025, la faille a été corrigée par Microsoft le **17 juillet 2025**, sans nécessiter d’action de la part des clients.

### Origine technique de la vulnérabilité

La faille provenait de la combinaison de deux composants :

- l’utilisation des **tokens “actor” service-to-service (S2S)** délivrés par l’**Access Control Service (ACS)**,
- un défaut de validation dans l’**ancienne API Azure AD Graph (graph.windows.net)**, qui ne vérifiait pas correctement l’origine du tenant.

Ce mécanisme rendait possible une **usurpation inter-tenant**, donnant accès à des informations sensibles telles que :

- données utilisateurs stockées dans Entra ID,
- groupes, rôles et paramètres du tenant,
- permissions d’applications,
- informations sur les appareils et **clés BitLocker**.

## Impact potentiel : un contrôle total sur Azure et Microsoft 365

Une exploitation réussie aurait permis à un attaquant de s’**approprier les privilèges d’un administrateur global**. Concrètement, cela ouvrait la voie à :

- la création de nouveaux comptes avec droits élevés,
- la modification des permissions existantes,
- l’exfiltration de données sensibles,
- le **contrôle total d’un tenant** et de ses services associés (**SharePoint Online**, **Exchange Online**, ressources Azure, etc.).

Comme l’explique Mollema, un tel accès aurait offert à l’attaquant la possibilité d’**obtenir des droits étendus sur les abonnements Azure**, compromettant ainsi toutes les ressources hébergées.

## Un problème aggravé par l’absence de traces

La gravité de cette faille est amplifiée par deux facteurs :

- les **tokens “actor”** étaient soumis aux politiques de **Conditional Access**, mais pouvaient être manipulés,
- l’absence de **journalisation au niveau de l’API Azure AD Graph**, rendant toute exploitation invisible pour les administrateurs.

Selon **Mitiga**, un acteur malveillant pouvait générer ces tokens depuis son propre environnement de test sans aucun accès préalable au tenant cible, puis les utiliser pour **usurper l’identité d’un Global Admin** ailleurs. Le tout sans déclencher **MFA**, sans alerte et sans traces dans les logs.

## Microsoft déprécie Azure AD Graph API

Cette découverte survient alors que **Microsoft a officiellement retiré l’API Azure AD Graph** depuis le **31 août 2025**. Annoncée dès 2019, cette dépréciation oblige les utilisateurs à migrer vers **Microsoft Graph**. À compter de septembre 2025, toute application utilisant encore l’ancienne API cessera de fonctionner.

## Contexte plus large des menaces cloud

Cette faille n’est pas un cas isolé. Ces dernières semaines, plusieurs vulnérabilités critiques et **mauvais paramétrages cloud** ont été signalés :

- un **bug dans Exchange Server** (CVE-2025-53786) permettant une élévation de privilèges,
- des **mauvais réglages Intune** exploitables pour des attaques ESC1,
- une **mauvaise configuration OAuth** dans Entra ID exposant 22 services internes de Microsoft,
- des **clés Azure AD exposées publiquement** dans des fichiers appsettings.json,
- des **attaques SSRF** exploitant les métadonnées AWS EC2 pour accéder à des rôles IAM,
- des **techniques persistantes sur AWS** via modification des rôles et politiques IAM.

Ces découvertes soulignent une tendance inquiétante : **les failles cloud**, qu’elles soient dues à des vulnérabilités logicielles ou à des **erreurs de configuration**, représentent une surface d’attaque critique pouvant mener à des compromissions globales.

## Conclusion

La vulnérabilité **CVE-2025-55241** illustre les dangers liés à l’exploitation de services cloud dépréciés et mal sécurisés. Même si Microsoft a rapidement corrigé le problème, cette affaire rappelle l’importance de :

- migrer vers les **API modernes et supportées**,
- renforcer les politiques de sécurité et de **journalisation**,
- surveiller activement les environnements cloud face aux **attaques inter-tenant**.

Dans un contexte où le cloud est devenu le socle des infrastructures IT, une faille telle que celle-ci démontre qu’**un défaut unique peut mettre en péril des millions d’organisations**.

— Christophe Marcellin, Éditeur web indépendant | High-Tech, IA, SEO et tutoriels · 4 novembre 2026
